Merten

Merten, village de 1509 habitants, est situé à la frontière franco-allemande de la région du Warndt.

Histoire de MERTEN : A l’époque Gallo-Romaine une voie romaine secondaire passant par Merten et reliant la Sarre (Felsberg-Altworweiler-Bisten) à Metz a été répertoriée.
Ces éléments sont à rapprocher de la découverte faite en 1878 par Mr Fuchs, rue des Ecoles. En creusant un puits dans son jardin, il a découvert une colonne d’une dizaine de mètres de hauteur.
Cette colonne est décomposée en 3 morceaux : un socle avec 4 dieux représentants les saisons (Minerve-Mercure-Junon-Hercule). Au milieu, des personnages sculptés dans la pierre et en haut Jupiter combattant un anguipède (tête d’homme et corps de serpent).
L’original de ce monument se trouve au musée de la Cour d’Or à Metz, une réplique est érigée à l’entrée de la rue Serpenoise, toujours à Metz.

Colonne de Merten

Ces vestiges concernant cette époque permettent un rapprochement religieux.
A priori, dans la religion gallo-romaine, Rosmerta était une déesse de la fertilité et de l’abondance. On peut supposer que le noyau « Merta » se retrouve dans le nom de Merten, et que le village se soit ainsi appelé en hommage à cette divinité.
Mais Merten a eu plusieurs noms au cours de son histoire.
A partir du XIIème siècle, on retrouve le nom de Merta in Warando (Merten dans le Warndt) dans les différents écrits de la commune. Mertena en 1328, Murtina en 1353, Morthéna en 1360, Morten en 1479, Mertena en 1607 et enfin…MERTEN en 1779.
Il faut ajouter que Bibling, petit village autonome est intimement lié à l’histoire de Merten.
Merten a toujours été lié à l’Allemagne, le village est associé à la seigneurie de Bérus (Sarre), place forte assurant la surveillance jusque Metz. Les ducs de Lorraine participent à la croissance et au développement du village. Ils font construire d’abord des remparts puis un château.
La seigneurie de Bérus gérée par un comte qui relève du Duc de Nancy compte 29 villages. Merten compte 21 foyers et Bibling 15.
A cette époque se pratiquait bien volontiers la peine de mort. Une anecdote raconte qu’une femme de Merten a été exécutée pour sorcellerie ! Le bourreau était de Bisten (Sarre) mais ce sont les Mertennois qui entretenaient la potence…
La Guerre de Trente Ans (1618-1648) fit beaucoup de dégâts. Louis XIV, dans les années 1680, période de la construction de Sarrelouis(Sarre) contribua à restaurer la région.
C’est vers 1721 que l’on retrouve des traces écrites du château de Merten, qui portait alors le nom de château de Hetrange, du nom d’un hameau de Merten. Sa surface était d’environ 6ha, aujourd’hui on y trouve le lotissement du château, le stade et l’école.
En 1758, Merten comptait deux moulins à grains et un moulin à huile.
Une fonderie est créée à la Schmelz en 1810. Anecdote : il semblerait que le Maréchal Ney originaire de Sarrelouis ait été employé comme écrivain comptable à la Schmelz et qu’il ait fait le trajet à cheval (la Schmelz est aujourd’hui un centre équestre).
En 1817, Merten a pour annexe Bibling, la ferme du Klockenhoff, 722 habitants, 138 maisons, 513ha de terres productives dont 125 en bois, un moulin et une huilerie.
C’est depuis 1940 que Merten et Bibling forment une seule et même commune.

Patrimoine naturelle : Merten est entouré d’une zone humide importante, de nombreux ruisseaux traversent le village : Canal de la Forge, Weissbach, Halsbach, Bitzelbach, Grossbach et la Bisten.
Ces zones humides, espaces naturels sensibles, sont des éléments primordiaux à notre écosystème et apportent une diversité faunistique et floristique intéressante et variée.

Vue aérienne de Merten en 1951
Le marais de la Bisten est visible dans l’angle en bas à droite
(source IGN)

Notons que le « Spanischloch », lieu-dit qui appartient au marais de la Bisten, fait actuellement parti d’un programme d’étude et de conservation. Cette vaste zone marécageuse présente plusieurs milieux (par ex : aulnaies marécageuses) et abrite des espèces d’intérêt remarquable comme le Castor, le Martin-pêcheur d’Europe, la Pie-grièche écorcheur, le Cuivré des marais qui font l’objet d’un statut de protection nationale. Côté flore, le Calla des marais (Calla palustris), également inscrit sur une liste de protection d’intérêt national, a été répertorié entre autres.
La présence du castor est aussi visible sur les abords de la Grossbach, cette fois en direction de Falck.
Enfin, les forêts constituent aussi un élément important du paysage Mertennois. Le bois du Hasenberg (derrière lt du Château), la frontière avec l’Allemagne étant délimitée par une forêt. L’ « Eichenwald », traduisez « forêt de chênes », autrefois cette forêt était constituée essentiellement de chênes, mais aujourd’hui ils ont bien souvent été remplacés par des conifères.
Malgré tout, le gibier (sanglier, chevreuil) ainsi que d’autres mammifères fréquentent les lieux (écureuils, renards, fouines), mais aussi les oiseaux : pic vert, pic épeiche, par exemple. On peut aussi observer la néottie nid d’oiseau appartenant à la famille des orchidées.

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Gecnal du Warndt